Sous COMMISSION LITURGIE St Jacques

2ème dim de carême Vincent De Paul

En ce 2ème dimanche du temps de carême, en marche vers Pâques, nos yeux captent déjà la gloire de la résurrection. L'épisode de la transfiguration s'avère une anticipation de cet évènement inouï, ineffable et unique qui a bouleversé le cours de l'histoire humaine à savoir : la Résurrection. Je voudrais proposer trois (3) clés d'interprétation pour percer et comprendre l'évènement de ce jour qu'est la transfiguration :

*La 1ère clé : les mobiles de la transfiguration ; pourquoi l'évènement de la transfiguration à cette étape du carême ?

 

* La 2ème clé : la réflexion de Pierre  « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ; dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moise, et une pour Elie. »

 

* La 3ème clé : la voix du ciel « Celui-ci est mon Fils bien-aimé,  écoutez-le. »

 

En rapport avec la 1ère clé, pour comprendre les mobiles, les raisons de la transfiguration, il est nécessaire de voir quelque peu le contexte où l'épisode de la transfiguration se situe. La transfiguration est placée juste après l'annonce de sa passion par le Christ. Jésus vient d'annoncer à ses apôtres qu'  « il faut que le Fils de l'Homme souffre- beaucoup (ajoute-t-il) ; qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes ; qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour. »

 Malgré la mention de l'heureuse issue de cette passion qu'est la résurrection, Jésus avait été pris à parti par Pierre. Jésus, en effet, les bouleversait, les heurtait avec cette annonce, eux qui étaient plus préoccupés de prérogatives, d'avantages terrestres, de gloire, d'honneurs, de  triomphe…Jésus, par cette annonce de sa passion, menaçait leurs intérêts, leurs 'gombos'…Des rêves étaient entrain d'être brisés.

 La croix, pour les apôtres, (était) est un scandale, une folie. Un dieu mourir ? C'est 'du jamais vu'. Manifestement, Jésus est incompris. Certainement, beaucoup s'étaient éloignés de lui…le faiseur de miracle…Quel cordonnier mal chaussé !

2

 
La perspective de la croix dissuade plus d'un : aller à la suite de Jésus et souffrir. Le commun des mortels l'accepte difficilement. Pour nombre, suivre le Christ se résume à une vie d'aisance, de facilité, à une vie à l'eau de rose, sans problème, sans difficulté…A la moindre escarmouche, on se débat comme un diable dans un bénitier. Oui, la croix est apparemment le signe d'un échec…La croix était une perspective qui n'arrangeait pas les affaires des apôtres, avions-nous soutenu tantôt, c'est pourquoi, Jésus par la transfiguration, vient équilibrer la vision de son mystère : la croix ne débouche pas sur le néant. La croix du Christ est une échelle pour entrer dans la gloire, dans le ciel. La croix débouche sur la gloire de la résurrection. Le Christ aura à souffrir mais Il va ressusciter. La souffrance du Christ n'est pas vaine mais elle débouche à la résurrection. La gloire survient après la souffrance, la joie après la douleur, l'épreuve, la peine. Il y a un temps pour tout… « Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever… »

Nos souffrances, à la suite du Christ, elles aussi ne sont pas vaines si elles sont portées avec Jésus…si elles le sont, elles déboucheront sur la joie de Pâques.

Nos difficultés de toutes sortes : problèmes de santé, de recherche d'emploi, de quête de l'âme sœur, de foyer…sont nos croix. En ce jour, il nous est dit qu'elles peuvent déboucher à la résurrection si nous acceptons de les porter dans la confiance constante en Dieu, dans l'Espérance.

Avec la transfiguration, la joie pascale est entrevue. Il va falloir relire aux heures de ténèbres, aux heures chaudes, le récit de la transfiguration.

 

Ledit évènement est un stimulant, un fortifiant pour nous aider à porter nos croix à la suite du Christ particulièrement dans ce temps de carême qui est un temps d'épreuves, de tentations, de mortifications, d'efforts continus… Jésus nous dit : 'Pas de découragement ; courage'. Il ne faut pas tout larguer, abandonner et vouloir faire comme les autres c'est-à-dire mener une existence sans heurts, sans problèmes.

 

En outre, au milieu de nos doutes, de nos peurs, de nos crises, le Christ, aujourd'hui, nous laisse entrevoir les douces et berçantes lueurs de Pâques, la gloire, la joie pascale. Sûrement, ce sera un instant magique, irénique, enchanteur, paisible…

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Oui, c'est l'expérience faite par les apôtres Pierre, Jacques et Jean, les témoins de la transfiguration qui ont quitté pour un moment le monde des questions pour celui des certitudes. Aussi, leurs cœurs veulent-ils s'installer en cette anticipation du bonheur pascal : « Rabbi, il est heureux… » Autrement : « nous sommes bien ici… » (C'était tellement doux que Pierre oublie ses compagnons de fortune, de route restés au pied de la montagne.)

Chacun de nous fait l'expérience de grands bonheurs qui le transportent aux rives d'un autre monde.

 

Par exemple au cours d'un temps de grande convivialité, de grande amitié, d'un repas bien arrosé… ou encore au cours d'une retraite spirituelle ; généralement, on y vit des moments magiques parce que pour un moment, on oublie quelque peu ses angoisses, ses soucis, ses peurs, ses stress… Pendant quelques jours, on aura vécu dans le cœur de Dieu. On aura fait l'expérience de la joie, de la paix véritable… Ou encore pendant la Messe comme maintenant. (A st Jacques, c'est le paradoxe… on écourte, on abrège…c'est la logique de la montre.)

En principe, la Messe est notre montagne de la transfiguration, où nous vivons des moments intenses, denses, forts, profonds, qui ont senteur de magie… En principe, on devrait vouloir que cela ne prenne pas fin…Même si, il est vrai, il faut en descendre. Là, où Jésus nous attend c'est dans la vallée des larmes, des difficultés…C'est vrai, il fait bon  vivre en présence de Dieu cependant il faut redescendre.

Comment redescendre sur terre cependant ?

A ceux qui voudraient protéger, à tout prix ces instants magiques pour les faire durer, nous leur disons : n'ayez pas peur ! Redescendez ! Retournez dans vos maisons, dans vos familles, là où ce n'est pas évident la joie, la paix, l'entente…Retournez-y et transformez-vous en témoins porteurs de résurrection. N'ayez pas peur car le bonheur des instants magiques, s'il a véritablement marqué nos esprits, notre être, peut être partagé et le bonheur partagé se renouvelle et se prolonge de lui-même.

 

 Ces moments de grâces nous sont donnés comme source de courage pour poursuivre la route et partager avec l'autre cette découverte de l'amour de Dieu… Ce qui compte, au-delà des épreuves qui sont inhérentes à l'existence humaine, c'est de continuer à vivre de Dieu, à écouter Dieu, à écouter Jésus… (C'est la troisième clé).

 

 Le temps de carême nous est donné pour apprendre ou réapprendre à écouter Dieu…à renforcer notre attachement à Dieu par la qualité de notre foi. Abraham nous est donné en exemple…

 

Et comme le recommande Saint Paul, sans vouloir faire de nous des masos, des amoureux de la souffrance, acceptons de prendre quelquefois notre part de souffrance…notre croix pour être des témoins du Christ au cœur du monde (ce sera notre manière de prendre part au mystère pascal).

 

 Notre foi ne doit pas être d'un instant mais à toute épreuve... celui en qui nous avons mis notre foi est vainqueur du monde.

 

Demandons-lui de raviver notre confiance en lui, de raffermir notre foi, lui qui veille sur ceux qui le craignent maintenant et aux siècles sans fin.                          

AMEN

 


 

Abbé V. de Paul SAWADOGO



21/02/2008
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