lundi 17 novembre 2008
Le Calife qui défia l'Eglise Copte (I)
Saint Samaan était un homme ordinaire dont la foi simple était de celle
qui déplace les montagnes. Humble d'apparence, travailleur, pur de c?ur
et ferme dans sa foi, il fut celui que Dieu choisit pour accomplir un
grand miracle, le déplacement de la colline de Mokattam en Egypte, et
ainsi sauver son Eglise et porter haut la croix du Christ. Saint
Samaan, le cordonnier tanneur, a vécu en Egypte vers la fin du dixième
siècle après Jésus-Christ. Il était contemporain du Saint évêque Abram
Ibn Zaraa le syrien qui occupa la chaire de Saint Marc en 975 ap. J-C
et qui s'endormit en paix en 979 ap. J-C.
Nous ne connaissons rien de l'enfance du saint. Il semble qu'il vécut
dans une petite ville, Babylone ou le palais de la cire (aujourd'hui le
Vieux Caire) sous le règne d'Al-Mu'iz Li-Din Illah, premier gouverneur
de la dynastie des Fatimides. Il était tanneur, un métier très répandu
à Babylone et qui est toujours exercé au Vieux Caire. Cette profession
comprenait non seulement le tannage des peaux mais aussi les différents
métiers qui l'accompagnent comme la cordonnerie. C'est pourquoi Saint
Samaan est aussi connu comme Samaan le cordonnier ou Samaan le
savetier. C'était aussi le métier pratiqué par Saint Inianos, premier
patriarche de l'Eglise Copte. Saint Marc alla trouver ce savetier pour
réparer ses chaussures abîmées. Quand le poinçon qu'Inianos maniait
perça sa main, Saint Marc s'écria " Ious Theos " qui veut dire " O Dieu
Unique ", expression qui surprit Inianos et lui ouvrit le c?ur à la
révélation de l'Evangile. L'icône de Saint Samaan le présente privé de
l'?il droit.
Un épisode de sa vie explique l'événement qui lui fit perdre son ?il.
Un jour une femme entra dans sa boutique pour lui donner des chaussures
à réparer. Quand elle les ôta pour les lui confier elle découvrit ses
jambes. Samaan les regarda avec un esprit de luxure. Mais se reprenant
il prit son poinçon et le plongea dans son ?il pour l'arracher prenant
à la lettre le commandement du Seigneur : " Mais moi, je vous dis que
quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère
avec elle dans son c?ur. Si ton ?il droit est pour toi une occasion de
chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour
toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille
pas dans la géhenne. " (Mt 5 : 28, 29)
Saint Samaan vivait en ascète et en homme de prière mangeant peu - il
dit de lui-même au Patriarche Abram qui l'interroge: " je mange un peu,
juste pour conserver la vie "-, s'habillant de vêtements râpés et
consacrant l'essentiel de son temps en prières. Au coucher du soleil il
quitte son travail, mange frugalement et, dit-il, " retourne prier et
reste toute la nuit en priant ".
Chaque jour Saint Samaan s'occupe de personnes âgées et de malades à
qui il apporte de l'eau. Il explique au Patriarche : " je me lève tôt
chaque matin avant de partir travailler pour remplir ma jarre d'eau et
la distribuer aux personnes âgées et aux malades qui n'ont pas la force
d'aller se ravitailler? et je distribue chaque jour du pain et de la
nourriture aux ermites cloîtrés, hommes ou femmes? "
Pour en savoir plus : L'église de Saint Samaan, Mokattam,
Le Caire Tel (202) 5123666/5124080 Fax (202) 5126150
D'après " La biographie de Saint Samaan le cordonnier "
publiée par L'église Saint Samaan, Mokattam, Le Caire
Extrait d'un article de Mohamed Salmawy paru dans AL-AHRAM Hebdo
Semaine du 8 au 14 mars 2000
Amen.