vendredi 13 février 2009
La « Tsarine invisible » de Kolomenskoïe
Dans la nuit du 13 février 1917, Eudoxia Adrianova, paysanne de
Botchinki (banlieue de Moscou), entend dans son sommeil une voix
mystérieuse : « A Kolomenskoïe il y a une grande icône noire. Il faut y
installer l'icône rouge. » Parvenue sur les lieux, surplombant la
Rivière Moskva, à 10 kilomètres au Sud-est du Kremlin, Eudoxia transmet
le message au père Nicolas Likhatchev.
Après une seconde visite le 26 février, elle retourne le 2 mars à
Kolomenskoe et insiste. Le prêtre lui montre les icônes vénérées dans
l'église. Point d'icône rouge (à la couleur du régime sanglant en voie
d'instauration), et aucune ne ressemble à celle du rêve. Il poursuit le
recherche dans la cave et y retrouve la grande icône où la « Reine du
Ciel trône » avec un manteau de pourpre, un sceptre et un globe
terrestre, l'Enfant sur ses genoux. La paysanne reconnaît son icône. On
la vénéra en procession itinérante dans les monastères et dans les
églises de Moscou.
Selon le récit du prêtre, Eudoxia aurait ajouté que Marie devenait
ainsi en effigie la « Tsarine invisible ». C'est aussi en février 1917
que commença la révolution bolchevique. La visite d'Eudoxia à l'église
eut lieu le jour de l'abdication du tsar, le 2 mars, peu avant son
arrestation le 20 mars. Selon le récit du prêtre, Eudoxia aurait ajouté
que Marie devenait ainsi en effigie la « Tsarine invisible ».
La première apparition de Fatima eut lieu le 13 mai suivant, et c'est
le 13 juillet que fut communiqué, selon Lucie (1967), le triple secret
prophétisant la fin des persécutions en Russie, alors incompréhensible,
car la révolution ne prit le pouvoir qu'en octobre 1917. Le 19
septembre 1990, à l'heure où la perestroïka mettait fin aux
persécutions en Russie, le sanctuaire de Kolomenskoïe débordait d'une
foule fervente sous les bulbes de ses clochers.
D'après R. Laurentin,
Les Chrétiens détonateurs des libérations à l'Est, Paris, O.E.I.L. 1991
Je
vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous
êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos
entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous
pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen.