samedi 28 juin 2008
Seigneur, vers qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie
éternelle. Jn 6, 68
Le samedi de la 12e semaine du Temps
Ordinaire
Saint(s) du jour :
Saint Irénée (+ 202)
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Saint Augustin :
«
Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir »
Livre des
Lamentations 2,2.10-14.18-19.
Le Seigneur a englouti sans pitié tous les pâturages de Jacob. Dans sa fureur,
il a démoli les forteresses de la ville de Juda, il les a jetées à terre, il a
profané la royauté avec ses princes.
Ils sont assis par terre, ils restent silencieux, les anciens de la ville de
Sion ;ils ont répandu de la poussière sur leur tête, ils ont revêtu des habits
de deuil ;les jeunes filles de Jérusalem inclinent le front jusqu'à terre.
Mes yeux sont ravagés par les larmes, mes entrailles frémissent, mon coeur
défaille, à cause du désastre de la ville de mon peuple, car les enfants et
les tout-petits s'effondrent dans les rues de la cité.
Ils demandent à leur mère :« Où sont le blé et le vin ? »Ils s'affaissent,
comme des blessés, dans les rues de la ville, ils expirent sur le sein de leur
mère.
Que pourrais-je te dire ?A quoi te comparer, Jérusalem ?Comment te consoler,
vierge, fille de Sion ?Ton désastre est infini comme la mer :qui donc pourrait
te guérir ?
Tes prophètes avaient des visions trompeuses et vides ;au lieu de dévoiler tes
fautes, ce qui aurait évité ta chute, ils ont trouvé pour toi dans leurs
visions des oracles trompeurs et illusoires.
Que ton coeur crie vers le Seigneur !Rempart de la ville de Sion, laisse
couler nuit et jour le torrent de tes larmes ;sans relâche, que tes yeux ne
cessent de pleurer.
Lève-toi, pousse des cris à toutes les heures de la nuit ;répands ton coeur
comme de l'eau en présence du Seigneur ;lève les mains vers lui, pour sauver
tes petits enfants, qui meurent de faim à tous les carrefours.
Psaume 74(73),1-7.19-20.22.
Pourquoi, Dieu, nous rejeter sans fin ? Pourquoi cette colère sur les brebis
de ton troupeau ?
Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l'origine, la tribu que tu
revendiquas pour héritage, la montagne de Sion où tu fis ta demeure.
Dirige tes pas vers ces ruines sans fin, l'ennemi dans le sanctuaire a tout
saccagé ;
dans le lieu de tes assemblées, l'adversaire a rugi et là, il a planté ses
insignes.
On les a vus brandir la cognée, comme en pleine forêt,
quand ils brisaient les portails à coups de masse et de hache.
Ils ont livré au feu ton sanctuaire, profané et rasé la demeure de ton nom.
Ne laisse pas la Bête égorger ta Tourterelle, n'oublie pas sans fin la vie de
tes pauvres.
Regarde vers l'Alliance : la guerre est partout ; on se cache dans les
cavernes du pays.
Lève-toi, Dieu, défends ta cause ! Rappelle-toi ces fous qui blasphèment tout
le jour.
Evangile de
Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
Jésus était entré à Capharnaüm ; un centurion de l'armée romaine vint à lui et
le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé, et il souffre
terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir. »
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon
toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j'ai des soldats sous mes ordres ;
je dis à l'un : 'Va', et il va, à un autre : 'Viens', et il vient, et à mon
esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
A ces mots, Jésus fut dans l'admiration et dit à ceux qui le suivaient : «
Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle
foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident et
prendront place avec Abraham, lsaac et Jacob au festin du Royaume des cieux
, et les héritiers du Royaume seront jetés dehors dans les ténèbres ; là, il y
aura des pleurs et des grincements de dents. »
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi
selon ta foi. » Et le serviteur fut guéri à cette heure même.
Comme Jésus entrait chez Pierre, il vit sa belle-mère couchée avec de la
fièvre.
Il lui prit la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
Le soir venu, on lui amena beaucoup de possédés ; il chassa les esprits par sa
parole et il guérit tous les malades.
Ainsi devait s'accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Il a pris
nos souffrances, il a porté nos maladies.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Commentaire du jour :
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de
l'Église
Sermon 231
« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir »
En venant ici d'un autre pays, le Christ n'a pu trouver que ce qu'il y a
ici en abondance : peines, douleurs et mort. Voilà ce que tu as ici, voilà ce
qu'il y a ici en abondance. Il a mangé avec toi ce qui se trouvait en
abondance dans la pauvre maison de ton malheur. Il y a bu du vinaigre, il y a
goûté du fiel (Jn 19,29), voilà ce qu'il a trouvé dans ta pauvre maison.
Mais il t'a invité à sa table magnifique, à sa table du ciel, à sa table
des anges où il est lui-même le pain (Jn 6,34). Descendant chez toi et
trouvant le malheur dans ta pauvre maison, il n'a pas dédaigné de s'asseoir à
ta table, telle qu'elle était, et il t'a promis la sienne... Il a pris ton
malheur, il te donnera son bonheur. Oui, il te le donnera : il nous a promis
sa vie.
Et ce qu'il a réalisé est encore plus incroyable : il nous a donné en
gage sa propre mort. C'est comme s'il nous disait: « Je vous invite à ma vie,
là où personne ne meurt, là où se trouve le vrai bonheur, là où la nourriture
ne se corrompt pas, là où elle restaure, ne fait jamais défaut et comble tout.
Voyez où je vous invite. Au pays des anges, à l'amitié du Père et de l'Esprit
Saint, à un repas d'éternité, à mon amitié fraternelle. Enfin, je vous invite
à moi-même, je vous invite à ma propre vie. Vous ne voulez pas croire que je
vous donnerai ma vie ? Prenez ma mort comme témoin. »
Article ajouté le 2008-06-30 , consulté 10 foisCommentaires
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